À la rescousse des champions nationaux: le pouvoir politique des entreprises et la refonte du régime global de lutte à la corruption

12h
Local 312, Pavillon Félix-Antoine-Savard

Le bruit médiatique autour des multinationales visées par la corruption affaiblit-il la capacité de leurs dirigeants à obtenir des gouvernements des décisions conformes à leurs préférences ? Pour répondre à cette question, cet article entreprend une comparaison intra-cas se déroulant au Québec et au Canada entre 2011 et 2018, et portant sur : les enquêtes et accusations de corruption touchant la multinationale du génie-conseil, SNC Lavalin; la couverture de ces événements dans la presse écrite, et les nouvelles règles de lutte à la corruption d’entreprise adoptées durant cette période par les gouvernements provincial et fédéral. Durant ces années, et malgré les mauvaises nouvelles concernant SNC Lavalin, les gouvernements provincial et fédéral ont pris des décisions permettant à la firme d’éviter une reconnaissance de culpabilité civile et criminelle, et de préserver ses contrats publics. Pour expliquer ces résultats, l’hypothèse du nationalisme économique comme « cadre » est mise de l’avant. Lorsque les sanctions pour punir les entreprises touchées par la corruption sont définies (framed) comme des coûts qui menacent l’économie nationale ou du pays, le bruit autour des scandales de corruption importe peu. Il est neutralisé par le nationalisme économique, que les dirigeants de firmes mobilisent pour construire des coalitions de soutien en faveur de politiques anticorruption plus clémentes ; qui ne désavantagent pas « nos entreprises » face à leurs concurrents étrangers.

 

Denis Saint-Martin est professeur titulaire au Département de Science politique de l’Université de Montréal et a été directeur de la Chaire Jean-Monnet en intégration européenne et du Centre d’excellence de l’Union européenne des universités de Montréal et McGill. Il a complété ses études doctorales et post-doctorales à l’Université Carleton et au Minda de Gunzberg Center for European Studies de l’Université Harvard. Il est un spécialiste de l’administration publique comparée et des questions de gouvernance. Ses nombreux articles et livres se sont mérités différents prix, dont le Best Book Award de l’Academy of Management aux États-Unis et le prix Herbert Kaufman de la American Political Science Association. Il a également été Fulbright Fellow à la Kennnedy School of Government et conseiller en politique publique au Cabinet du Premier ministre du Canada. Ses recherches actuelles portent sur l’histoire globale de la politique anticorruption et l’analyse institutionnelle comparée de l’éthique parlementaire.

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