Pour une justice du care : le travail invisible comme responsabilité morale et politique

12h
Local 312, Pavillon Félix-Antoine-Savard

La philosophe Joan C. Tronto a développé une éthique critique du care qui lui permet de questionner notre rapport à la dépendance, nos pratiques en matière de soins, la place et le rôle des femmes dans nos sociétés libérales contemporaines, mais également notre rapport à la démocratie et à la justice. Tronto propose en effet de concevoir la morale comme un processus par lequel les individus en viennent à se soucier des autres et à prendre en charge leurs besoins. Avec cette éthique, Tronto souhaite opérer un élargissement des exigences de la justice en faisant du travail de care une responsabilité collective, amenant ainsi à repenser la division du travail dans les sociétés libérales contemporaines pour que l’ensemble des individus prennent part aux relations de soin. Dès lors, la question de la justice quant à la division du travail au sein de la sphère domestique devient éminemment politique et ses exigences demandent à être repensées.

La conférence aura pour objectif d’élaborer une conception de la justice à partir de l’éthique critique du care de Joan C. Tronto afin de revoir les responsabilités de chacun-e dans la sphère domestique quant à la division du travail invisible. Pour ce faire, nous proposons de nous appuyer sur le modèle social de la responsabilité développé par Iris Marion Young. Bien que ce modèle fût d’abord élaboré pour répondre à des injustices structurelles au niveau international, nous croyons que les paramètres utilisés par Young pour penser la responsabilité peuvent également s’appliquer à la sphère domestique tout en respectant le caractère relationnel, contextualiste et délibératif propre à l’éthique critique du care. Ainsi, nous montrons que la division actuelle du travail invisible correspond à une injustice structurelle et donne lieu aux quatre techniques d’évitement de la responsabilité identifiées par Young. Nous concluons en présentant les deux principaux avantages d’une telle « justice du care », soit sa capacité à s’appliquer aux différentes formes que peuvent prendre les familles ainsi que sa capacité à préserver la liberté de choix de chacun-e en raison de son caractère délibératif situé.


Cécile Gagnon est étudiante à la maitrise en philosophie à l’Université Laval. Ses travaux, financés par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et le Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC), portent sur les éthiques du care et les théories féministes de la justice. Cécile est également membre étudiante du GRIN (Groupe de recherche interuniversitaire sur la normativité), de l’IDEA (l’Institut d’Éthique appliquée de l’Université Laval) et du RéQEF (le Réseau québécois en études féministes). Parallèlement à ses études, elle est coordonnatrice du Comité Équité de la Société de philosophie du Québec. Elle s’implique également dans le Comité femmes en philosophie de l’Université Laval et a participé à la mise sur pied et à l’organisation du Symposium de philosophie féministe en 2018 dont la deuxième édition se tiendra à l’Université de Montréal en janvier 2020. Au printemps 2019, elle a reçu une médaille du Lieutenant-gouverneur pour la jeunesse en raison de ses nombreux engagements et de l’excellence de mon dossier académique.

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